Elle meurt subitement chez le médecin : La famille de Dorianne Guillemain-Lamothe entre stupeur et chagrin

Elle n’avait jamais eu de problèmes de santé dans le passé ou du moins n’en était-elle pas consciente. Ce n’est qu’en début de semaine qu’elle a commencé à se sentir mal. Dorianne Guillemain-Lamothe, 38 ans, est décédée soudainement d’une crise cardiaque, dans le cabinet d’un médecin, le mardi 2 octobre. Bouleversés, ses proches témoignent…

Dorianne Guillemain-Lamothe.

Elle croquait la vie à pleines dents. Et semblait en pleine forme, en bonne santé. Et puis, d’un coup, après s’être sentie «un peu faible» pendant quelques jours, Dorianne Guillemain-Lamothe est décédée alors même le Dr Dassaye l’examinait. Elle est arrivée jusqu’à son cabinet à Bell-Village, en ce mardi 2 octobre, mais il était déjà trop tard. Elle a succombé à une crise cardiaque. À seulement 38 ans, la jeune femme est partie subitement, laissant derrière elle un époux et deux fils éplorés qui ne comprennent toujours pas ce qui s’est passé.

Si, dans un premier temps, plusieurs thèses ont été évoquées quant à la cause de ce décès que certains jugent suspect, une autopsie pratiquée par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, chef du département médico-légal, a confirmé que Dorianne Guillemain-Lamothe est morte de cause naturelle. Elle a fait un malaise quelques minutes après que le médecin lui a appris qu’elle souffrait d’anémie aiguë. Et malgré les tentatives pour la réanimer, son cœur avait lâché avant même que le SAMU n’arrive sur les lieux pour la conduire d’urgence à l’hôpital.

Effondré, Mervin Lamothe n’arrête pas de penser à ce terrible moment où celle qui partageait sa vie depuis 19 ans s’est est allée. Juste avant de rendre son dernier souffle, sentant que son heure était arrivée, elle lui a murmuré «chéri je meurs… chéri je meurs…» Il n’oubliera jamais, dit-il d’une voix nouée par l’émotion, ses derniers mots. Dorianne était alors en train de suffoquer dans le cabinet médical pendant que l’amour de sa vie et le père de ses deux enfants – Gaël et Axel, âgés de 18 et 13 ans respectivement – la tenait dans ses bras. Impuissants tous les deux devant cette fin inéluctable qui arrivait. Ce décès subit plonge toute la famille dans une profonde détresse, d’autant que rien ne laissait présager un tel dénouement.

La jeune femme ne suivait aucun traitement et n’avait jamais rencontré de gros problèmes de santé par le passé mais elle a commencé à se sentir mal le lundi 1er octobre. «Elle se plaignait d’avoir des faiblesses mais ne voulait pas se rendre à l’hôpital parce que notre fils aîné, Gaël, était en période d’examens. Sa tension était légèrement forte mais elle pensait que ça irait mieux», confie Mervin Lamothe. Mais le lendemain, vu qu’il n’y avait aucune amélioration, ses proches l’ont convaincue d’aller consulter.

Anémie aiguë

Elle s’est alors rendue chez le Dr Dassaye, un médecin que la famille connait depuis plusieurs années. «Sa tension était plutôt stable mais des examens médicaux nous ont permis de découvrir que ma femme souffrait d’anémie aiguë. Le médecin nous a informés que son état de santé était vraiment sérieux et qu’il lui faudrait absolument faire des analyses de sang avant que nous revenions vers lui.» À partir de là, la situation a vite dégénéré ; elle s’est mise à suffoquer avant de rendre l’âme peu après, avant même que les secours n’arrivent sur place et en dépit du massage cardiaque pour essayer de la réanimer.

«Je ne réalise pas encore ce qui s’est passé. Je me souviens qu’à peine quelques minutes avant l’arrivée du SAMU, elle était là, dans mes bras, et que l’instant d’après, on m’annonçait qu’elle n’avait pas survécu. C’est vraiment dur. Je me demande encore comment cela a pu arriver», lance Mervin Lamothe, en larmes.

Son grand amour n’est plus de ce monde et tout a changé pour lui. «Il y a un grand vide. Sa présence en elle-même me manque. Lorsque je suis entouré de ma famille, je parviens à tenir le coup, mais je sais qu’une fois que nous allons reprendre notre routine, je sentirai encore plus son absence.» Son benjamin, Axel, lui, ressent déjà ce vide immense «Elle me manque encore plus le soir, car elle avait l’habitude de me border pour que je m’endorme. Elle me réveillait aussi tous les matins lorsque je devais me rendre à l’école», dit-il, tentant de rester fort. Malgré la douleur et le chagrin, Gaël, l’aîné – élève au Collège de La Confiance – a pris part à ses examens du HSC. «C’est une situation difficile à gérer pour lui mais je lui ai demandé de faire de son mieux tant qu’il le pourrait.»

Pour ses fils, Dorianne était, selon son époux, une maman exceptionnelle : «Elle était très câline et aux petits soins avec eux. Les enfants pouvaient tout lui confier. Elle avait le don d’aborder les sujets les plus sensibles et tabous avec tact. Notre famille a toujours été très soudée.»

Avec ce départ soudain, s’envolent aussi tellement de rêves inachevés. «Nous voulions absolument faire un voyage l’an prochain avec toute la famille. Et comme nous nous étions mariés très jeunes, elle voulait absolument que nous passions plus de temps ensemble pour que nous puissions nous retrouver maintenant que les enfants sont plus ou moins autonomes.»

Dorianne manque atrocement à tous ceux qui la côtoyaient, qui l’aimaient. À l’instar de sa belle-sœur Priscilla qui tient à se rappeler ce qu’elle était de son vivant. «Elle était joviale, souriante, amicale ; ceux qui avaient la chance de faire sa connaissance l’appréciaient immédiatement. Elle était toujours présente quand nous avions besoin d’elle. Même sa maladresse nous faisait rire.» C’est comme ça que tous continueront à se souvenir d’elle… au-delà de la douleur.


Le Dr Salickram Dassaye donne sa version

La mort de Dorianne Guillemain-Lamothe dans son cabinet restera à jamais pour lui un moment terriblement triste de sa carrière. Mais le Dr Salickram Dassaye, gynécoloque, est aussi très révolté car, dit-il, des spéculations autour de ce décès ont induit la population en erreur. Ceci, avant que l’autopsie ne révèle que la jeune femme était décédée de cause naturelle. «J’affirme que la patiente n’était pas enceinte et qu’elle n’a pas eu recours à un avortement ce soir-là. Elle s’est présentée à mon cabinet avec son mari peu avant 18 heures car elle était prise de faiblesse. Bien que je la connaissais, c’était la première fois que je l’auscultais. C’est malheureux que des gens portent des accusations sans fondement.»  Le gynécologue nous explique, par ailleurs, pourquoi il s’occupe aussi de ce genre de cas. «Tout médecin passe par la case généraliste avant d’être spécialiste. C’est pourquoi je peux ausculter un patient qui souffre de pathologies non liées à la gynécologie.» Il a ainsi pu diagnostiquer, lors de la consultation, que Dorianne Guillemain-Lamothe était anémique. «Tout s’est passé si vite. À peine ai-je commencé à l’examiner qu’elle a fait un malaise. Elle disait qu’elle avait chaud et manquait d’air. J’ai alors appelé le SAMU dont le personnel n’a malheureusement pu que constater son décès. C’est vraiment un choc car en tant que médecin, nous faisons tout pour sauver des vies.»