Pamplemousses : Soyons le Père Noël pour Kaveri…

Assise sur les genoux de sa mère, Kaveri (6 ans) essuie d’un revers de ses petites mains, les grosses larmes qui ruissèlent sur les joues de Parvatee Nalhung (42 ans). Cette habitante de la rue Breton à Pamplemousses peine à faire bouillir la marmite au quotidien.

À voir la petite bicoque en tôle arborant un grand « aum » soit le symbole sacré de l’hindouisme en guise de protection divine, on a l’impression que la vie de cette mère pauvre et celles de ses trois enfants, sont figées dans le temps. Parvatee Nalhung tire une chaise pour raconter sa réalité.

« Leker fermal pou trouv mo ban zenfan manz dipain sek ek bwar delo so kan zot sorti lekol. Parfwa mem di te, disik pena. Komie pou al deman dimoun. »

Parvatee chechant le bois pour faire la cuisine.
Parvatee chechant le bois pour faire la cuisine.
Les enfants de Parvatee gardent espoir pour un avenir meilleur. (Photo publiée avec l'accord parental)
Les enfants de Parvatee gardent espoir pour un avenir meilleur. (Photo publiée avec l’accord parental)

Avec une santé fragile, cette mère de famille ne lésine pas sur les moyens pour nourrir ses enfants. Elle fait le porte à porte cherchant des petits boulots dans le voisinage afin de gagner quelques roupies. Argent qu’elle utilise par la suite pour acheter quelques vivres afin que ses enfants ne dorment pas le ventre vide.

Quant à elle, un verre d’eau lui suffit souvent face au manque de nourriture. Cette mère courage se sacrifie pour le bien-être de ses enfants, tous précieux à ses yeux. Mariée à 24 ans, Parvatee confie qu’elle a perdu son premier enfant.  Mais elle avoue avoir toujours garder foi en Dieu pour en avoir d’autres. Mais ce qui la désole aujourd’hui, c’est son incapacité à subvenir à leurs besoins comme tout parent.

Une mère livrée à elle-même…

Son époux est jardinier. Ce dernier a un penchant pour la bouteille et son salaire, il ne l’utilise pas souvent pour nourrir sa famille.  Livrée à elle-même, Parvatee tente tant bien que mal de s’en sortir, mais ne cache pas son désespoir. Face aux insultes de l’homme qu’elle a épousé, la mère de famille maintient son calme et se réconforte avec le sourire innocent de Kaveri qui lui permet d’avancer. S’il y a une chose qui tient Parvatee à  coeur c’est l’éducation de ses enfants. « Je suis consciente que c’est le seul moyen pour qu’ils aient un avenir meilleur. »

À la tombée de la nuit, Parvatee se tient debout pendant deux ou trois longues heures dans la chambre de ses enfants. Cela avec une bougie en main afin d’éclairer les lieux pour que ceux-ci puissent faire leurs devoirs de classe.

Pour vaincre la pénombre de sa maison d’une pièce dont l’espace est divisée en trois parties, la quadragénaire utilise aussi des lampes en terre cuites. Cette situation résulte de son incapacité à déposer Rs 300 pour avoir de l’électricité que lui fournit sa mère, habitant la maison d’à-côté.

Sans toilettes ni salle de bain

Ne détenant ni toilettes ni salle de bain, la petite famille doit se rendre chez la grand-mère maternelle. Cette dernière est souvent dans tous ses états lorsque les enfants utilisent les sanitaires. Face aux fâcheux commentaires de sa mère, Parvatee se retrouve souvent à donner le bain à ses enfants à la nuit tombée, en les cachant derrière la porte principale de sa maison.  L’eau du bain est celle souvent accumulée pendant plusieurs jours, grâce à un tuyau d’arrosage.

Dans la cour de sa demeure, des travaux ont été effectués pour une fosse septique essentielle pour des eaux usées.  Mais faute de finances, Parvatee n’a pu construire des toilettes et une salle de bain. Ce grand trou aujourd’hui est le refuge d’innombrables insectes parmi une ribambelle de moustiques. On y trouve aussi des eaux usées accumulées ainsi que d’autres bestioles.

Rongeurs

En ce qu’il s’agit de la maison, elle est une passoire lorsqu’il pleut, raconte Parvatee. Et un véritable four lorsqu’il fait chaud. Les feuilles de tôles de cette bicoque datent de plus de 25 ans. Cette maison est aussi le repère de rongeurs, de cafards et d’autres bestioles.

Dans la cuisine annexée à la chambre de Parvatee sont empilés ustensiles et autres babioles. Dans cet espace réduit, est faite la vaisselle. La lessive est effectuée à la rivière située à quelques pas de la rue Breton. Pour ne pas enfumer la maison, Parvatee fait du feu dans la cour pour faire la cuisine. Pour se protéger de la pluie, Parvatee a installé un parapluie sur une poutre en bois afin de pouvoir cuisiner. Ce même dispositif lui permet aussi de se cacher d’un soleil de plomb en été. Une astuce que la mère de famille a trouvée pour pourvoir concocter ses maigres repas.

Des enfants sans Noël …

À l’approche de la période festive, Kaveri est une enfant qui n’aura pas droit à un sapin de Noël. Et sa mère ne pourra même pas lui offrir une poupée, car elle n’a pas un sou en poche. D’une fenêtre entre-ouverte, la petite fille lance un regard innocent qui fend le cœur. L’an prochain, elle entamera sa première année du cycle primaire à l’école de la localité. Elle n’a ni cahier, ni sac à dos, ni crayons ni uniforme. Idem pour son frère qui a 14 ans et sa sœur qui en a 12. Ces derniers fréquentent un collège à Morcellement Saint-André. Et aspirent à devenir respectivement policier et avocate. Mais les deux savent que leur parcours scolaire  sera parsemé d’embûches. à leurs âges, ils ne baissent pas les bras et font tout leur possible pour soutenir leur mère dans les moments difficiles.

Appel à solidarité

Cette famille a besoin de vivres, de couvertures, de vêtements, de chaussures et de matériel scolaire. Mais encore de feuilles de tôles et des poutres en bois pour réparer leur maison. Aussi du soutien de toute personne qui pourra les aider à bénéficier d’un logement social. Parvatee est également à la recherche d’un emploi qui lui permettra d’arrondir les fins de mois et de nourrir sa maisonnée.