Incendie mortel à Cité Anoska – Joffrey : «Mo enn mort-vivant sans mo de tifi»

Après le décès d’Aurélia, 10 mois, c’est Nathalia, sa sœur aînée de deux ans, qui a rendu l’âme, dimanche après l’incendie ayant ravagé leur maison à Cité Anoska, le 28 décembre. L’état de leur père, Joffrey, est critique à l’unité des grands brûlés à Candos. 

La Cité Anoska est sous le choc après la tragédie qui a frappé la famille Ketel le 28 décembre. Les deux sœurs Aurélia et Nathalia, 10 mois et deux ans respectivement, ont péri dans un incendie ayant éclaté dans leur maison à Cité Anoska, vendredi soir. Elles laissent derrière elles une famille complètement dévastée. 

Joffrey
Joffrey est admis à l’unité des grands brûlés.

Depuis vendredi soir, Joffrey Ketel lutte pour sa survie à l’unité des grands brûlés à l’hôpital Victoria de Candos. En tentant de sauver ses filles, ce jeune père de 25 ans a été violemment touché par les flammes. Son épouse, Marie Pasqualina Ravina, 26 ans, la mère des deux filles, est tout aussi inconsolable. Leur douleur est tellement grande qu’ils ne veulent plus remettre les pieds là où leur vie a basculé en un effrayant cauchemar en l’espace de quelques minutes. 

C’est avec une voix serrée que ce jeune père traumatisé raconte comment il a tenté de sauver ses deux filles qui ont malheureusement perdu la vie malgré ses multiples efforts. « Mes deux filles dormaient à poings fermés au premier étage. Enn kou, mo finn tann breaker finn sote et kan monn al get laho, monn trouv dife. Mes deux filles pleuraient. Elles étaient prisonnières des flammes. Mon but était de les sauver. Malgré le danger qui guettait, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai bravé les flammes pour leur porter secours. J’ai pu retirer ma fille Nathalia. Cependant, c’était difficile de retrouver mon bébé de 10 mois. Une épaisse fumée noire envahissait la chambre. J’ai finalement dû prendre la fuite par une fenêtre. C’est très dur pour moi et ma compagne. En moins de 24 heures, on perd nos deux filles », se désole Joffrey.

Ce dernier est désespéré. Il tient à préciser que, dès leur naissance, Aurélia et Nathalia illuminaient la vie de leurs parents.  « Mes deux filles étaient mes deux princesses et ma joie de vivre. Vendredi dernier, j’ai eu des pressentiments qu’un malheur allait nous frapper. Je ne savais pas que ce serait un double drame. Après le drame de vendredi, je n’ai pas pu fermer l’œil dans la soirée de samedi à dimanche. J’avais le pressentiment que ma fille Nathalia allait quitter ce monde. Effectivement, dimanche matin, ma compagne m’a annoncé une deuxième triste nouvelle. Ma vie n’a plus de sens sans mes deux filles. C’est difficile d’accepter qu’elles ne sont plus de ce monde. Je me sens comme un handicapé qui ne peut rien faire. Pire, je n’ai pas pu assister aux funérailles de mes deux filles. Je suis un mort-vivant sans mes deux filles », pleure Joffrey désespérément. Son état de santé est jugé critique à l’unité des grands brûlés à l’hôpital de Candos.

Une mère inconsolable

Rosinette, la grand-mère à gauche. Pasqualina, mère des deux soeurs qui ont péri dans l’incendie.
Rosinette, la grand-mère à gauche. Pasqualina, mère des deux soeurs qui ont péri dans l’incendie.

Marie Pasqualina Ravina, 26 ans, mère des deux filles, ne peut contenir ses larmes. Sa douleur est double depuis la disparition de Nathalia, sa deuxième fille. « Enterrer nos deux filles en moins de 24 heures n’est pas chose facile. La disparition d’Aurélia et de Nathalia a laissé un grand vide dans notre vie. Le 6 février, Aurélia allait souffler sa première bougie et Nathalia allait célébrer ses 3 ans le 15 janvier. Malheureusement, le destin a été cruel envers elles. »

Cette mère raconte avec beaucoup de peine que « Nathalia est allée rencontrer sa sœur Aurélia au ciel. Mes deux filles étaient toujours inséparables. » Elle précise cependant qu’elle gardait espoir que Nathalia serait sauvée. « Elle ne montrait aucun signe de détresse. Elle parlait et riait bien qu’elle souffrait. Elle cherchait sa sœur et son père. C’est plus qu’une souffrance qu’on vit. Je n’ai pas de mots pour décrire ce qu’on vit », pleure Pasqualina.

Rosinette, 48 ans, la grand-mère des deux fillettes, souligne qu’un court-circuit serait à l’origine de cet incendie mortel qui a coûté la vie à Aurélia et Nathalia. « Nou ena enn difil anba ek nou finn azout li laho pou konekte pou ki nou gayn kouran. Mo panse enn fisib finn sote. Se sa ki finn provok sa linsandi-la. » 

La grand-mère déplore ce triste évènement. « Nathalia était une enfant gaillarde. Malgre so de zan, li ti enn zanfan ki ti konpran boukou kiksoz. Nou pe viv dans nwar depi nou finn perdi Aurélia ek Nathalia. Je prie pour que mon gendre se remette de ses blessures. J’invite la population à prier pour lui », lâche Rosinette, les larmes aux yeux.

Le rapport d’autopsie attribue le décès des deux sœurs Aurélia et Nathalia à leurs brûlures. L’autopsie a été pratiquée par le chef du département médico-légal, le Dr Sudesh Kumar Gungadin. 

Les funérailles d’Aurélia ont eu lieu samedi et celles de sa sœur Nathalia ont eu lieu dimanche à 15 heures. De nombreuses personnes ont tenu à rendre un dernier hommage aux deux filles.

En attendant le rapport du Forensic Science Laboratory (FSL) en vue de déterminer les causes exactes de cet incendie mortel, la police de Curepipe poursuit son enquête. L’enquête policière est menée par le chef inspecteur Coodye, sous la supervision de l’assistant surintendant de police Varlet.

Le feu a pris à l’étage.
Le feu a pris à l’étage.

*Les photos sont publiées avec l’autorisation des parents.